samedi 18 mai 2013

Je suis une vieille fille



Pour oublier que je n’ai aucune jugeote au point de ne pas voir qu’un mec est un con, raciste, râleur, snob et condescendant avant de sortir avec (cf chronique du 15/05/13 « La France aux Crapauds), je passe le weekend chez ma Mama.
Avec mon neveu Chucky-le-mini-fauve âgé de six mois.
Rien de tel que les bras de sa Mama et les doigts-qui-sentent-le-lait-caillé d’un bébé pour oublier qu’on est trop conne, qu’on n’a aucun pif avec les mecs et qu’on finira seule avec son chat Gato, en bonne vieille fille trop conne.
Mama a bien senti que quelque chose n’allait pas chez moi puisqu’elle m’a préparé de l’aji de gallina (plat péruvien à base de piment, de poulet, et de riz absolument délicieux), du gâteau au chocolat, de la salade de mangue.
Je larve dans le canapé avec le mini-fauve dans les bras. J’envie sa vie. C’est vrai quoi, quand on a six mois, on mange et on dort. On n’a pas le cœur brisé par des cons. On n’a pas un boulot de con avec une boss plus cruelle que la cruauté. On n’est jamais à découvert.
Soudain, mes délicates narines sentent une odeur nauséabonde tandis que Chucky se met à grimacer et à chouiner. Comme si je n’étais pas déjà assez dans la merde, je m’aperçois que mon neveu m’a fait un petit cadeau: un gros caca dans sa couche.
Donc quand on a six mois, on mange, on dort et on chie.
« Change-le, me crie Mama. Moi je ne peux pas, je suis en train de couper les oignons ».
Je cesse de respirer pour m’atteler à ma mission changement de fond-de-culotte-de-mini-fauve. Celui-ci ne m’aide pas et trouve apparemment très drôle de tremper ses chaussettes (et mes doigts) dedans. Je peste en nettoyant son œuvre tandis qu’il me regarde en rigolant et que Mama me hurle qu’elle va me laver la bouche avec du piment si je continue à dire des gros mots devant le bébé.
Mes deux frères débarquent et ne trouvent rien de mieux à faire que de sauter sur le canapé. Ils ont vingt ans. A vingt-ans, on a la pêche, on étudie, on vit chez Mama, on peut manger tout ce qu’on veut sans grossir. On a la belle vie.
« Qu’est-ce que t’as Cathy ? Ça n’a pas l’air d’aller fort. Souris, la vie est belle » me disent-ils en m’ébouriffant la tête et en me jetant des coussins (ce qui leur vaut des « caramba, je vais me fâcher ! » depuis la cuisine).
Mes frères prennent ensuite Chucky-le-mini-fauve-de-six-mois pour un ballon de rugby qu’ils se lancent de bras en bras en courant dans le salon. Je n’avais jamais vu un ballon rire aux éclats. Je n’avais jamais vu non plus de match de rugby avec une Mama qui court après les joueurs en les menaçant avec sa cuillère en bois. Je n’ai d’ailleurs jamais vu de match de rugby.
« Cathy, on t’a ramené de quoi te remonter le moral. Du rhum pour faire des mojitos par milliers ! » me disent les deux post-ados en me rendant le mini-fauve, tandis que je suis de nouveau vautrée sur le canap’ à me lamenter sur mon sort.
Quand mon neveu, après la partie de rugby dans laquelle il a fait office de ballon, me régurgite son biberon sur la gueule, je me dis qu’en fait, avoir six mois c’est pas si cool que ça.
C’est ainsi que, la gueule pleine de vomito et les doigts pleins de caca, je décide de positiver. Après tout, à six mois, on mange, on dort, on chie.
Oui, mais on n’a pas droit aux pintes de mojitos. 

mercredi 15 mai 2013

La France aux Crapauds.



Hier soir, retrouvailles avec mon mec, Crapaud, avec qui je suis fâchée depuis presqu’une semaine (cf chroniques du 08 et du 11/05/13). Nous nous sommes déjà réconciliés par texto et ce soir, nous allons nous réconcilier pour de vrai (comprenez sous la couette).
Il m’invite au resto de mon choix ce soir. J’y suis allée toute jolie, en gambadant telle la fille-sexy-contente-parce-qu’elle-va-s’envoyer-en-l’air.
Crapaud m’attend devant l’entrée. Son sourire en me voyant me fait oublier nos différents, ses potes imbuvables, ses non-appels quand on était fâchés, son comportement, son côté fils-à-papa-trop-gâté, son snobisme…bref… Je n’ai qu’une envie : me blottir dans ses bras et lui rouler une grosse pelle. Ce que je fis.
Je me sens tellement légère à ce moment là, que je pourrais m’envoler.
Et on ne se moque pas, c’est pas comme si j’avais souvent un mec (autre qu’un mec pour une nuit qui ne rappelle pas, je veux dire). C’est quand même bon, la tendresse…

Quelques galoches et « c’est bon de te retrouver » plus tard, nous entrons dans le restaurant.
Crapaud a l’air en pleine forme… Et c’est peu de le dire.
A peine nos retrouvailles terminées, il a enclenché sa fonction je-suis-un-con. Pour être tout à fait honnête, j’aurais préféré la connaître avant d’entamer une relation avec lui.
« Il fait trop chaud ici, non ? Mademoiselle, pouvez-vous baisser le chauffage ? » dit-il à peine assis, à la gentille petite serveuse.
« C’est quand même dingue ? Ces gens-là ne se mettent pas à la place du client. Oh et puis regarde moi ça ! ajoute-t-il en me montrant la carte des vins. Il n’y a aucun vin français, c’est une honte ».
Je m’apprêtais à lui répondre que nous sommes dans un restaurant oriental : c’est normal qu’ils proposent des vins d’Afrique du Nord (que je trouve personnellement très à mon goût, j’adore le vin !) et que c’est bien de découvrir des saveurs d’ailleurs. Mais il ne juge pas utile d’entendre mon avis puisqu’il m’interrompt.
« Ils devraient s’intégrer un peu, si tu veux mon avis » me chuchote-t-il.
Quoi ? Non ! Mais non ! Je ne veux pas de ton avis.
En y repensant, je l’avais déjà entendu faire des sous-entendus racisto-limites sur les latinos (oubliant, au passage, que ma mère est péruvienne) qu’il considère comme des indigènes non-civilisés mais apparemment ses préjugés xénophobes englobent également les arabes.
« Mademoiselle, ma viande est trop cuite, merci de renvoyer mon plat en cuisine. Nous autres, nous mangeons notre viande saignante » beugle-t-il sur la gentille petite serveuse.
« Il faut tout leur apprendre, ajoute-t-il en me regardant. C’est dingue quand même, non ? Ils pourraient s’intégrer, nous sommes en France ».
Non mais c’est une blague ou je sors avec Crapaud-Le-Pen. Quelle horreur ! Je me dégoute. Il faudra que j’en parle à la pote qui me l’a présenté. Son collègue est un con de raston.
Je prétexte un mal de crâne abominable et prends la poudre d’escampette. Pas question de finir sous la couette avec un con pareil, j’ai la migraine (et la nausée).
Avant de sortir, je chuchote à la gentille petite serveuse : « Rendez-moi un petit service, Mademoiselle, dites aux cuistots de faire un foot avec son steak avant de lui cuire. Par ailleurs, savez-vous cracher ? Ça passera inaperçu dans ses légumes. Merci infiniment ». 

samedi 11 mai 2013

Demain, je le quitte !



Ce weekend à Barcelone entre copines me fait vraiment du bien. Mumu et Carotte nous sont arrivées et nous jouons, depuis, en Ligue 1 du n’importe quoi.
On profite de la plage, on se fait de bons petits restos et des apéros-jamòn-serrano-bons-vins. A chaque fin de soirée, Sido et Carotte nous font hurler de rire à vouloir s’écouter l’intégrale de Ben Harper en fumant de la Marie-Jeanne, alors que Mumu et moi serions plutôt « soirée-salsa-mojitos ». On s’engueule pour rigoler, et on rigole de s’engueuler.
Je pense demander mes copines en mariage avant de rentrer à Paris.

Je dois toutefois avouer que je vérifie mon téléphone toutes les 30 secondes pour voir si Crapaud-mon-mec-avec-qui-je-suis-fâchée m’a appelée.
Et bien non, toujours rien. Aucun appel de sa part depuis mardi soir.
Je travaille aussi sur moi en me disant qu’il ne faut pas que je cède, que c’est à lui de s’excuser, que je suis une princesse, que si on court après un mec on le fait fuir et blablabla.

MAIS POURQUOI IL N’APPELLE PAS ????

Pour oublier, nous sommes sorties hier soir. La soirée commençait bien (au pays du bien).
Sido a sorti son habit de lumière (la robe la plus courte du monde, à paillettes) et Mumu, Carotte et moi nous sommes perchées sur des 12 cm. Mascara, parfum, bijoux, déo (?!). Ça bouillonnait dans nos robes. Tels des Huns, nous nous comme abattues sur la ville de Barcelone, qui crie encore nos noms.
« Je vous emmène dans mon bar préféré El Pueblo ! Vous verrez, on y choppe à tous les coups » nous explique Sido en finissant sa phrase par un clin d’œil.
Cette nouvelle ravie Mumu, qui ne choppe pas depuis la guerre 14 et Carotte qui, bien que mariée, aimer bavouiller sur les mecs mignons. Pour ma part, je ne sais plus bien si j’ai un mec (puisque le mien ne m’appelle pas !) donc autant aller me rincer l’œil.

Enflammage de piste, buvage de bières, rigolage et festival de blagues. Les quatre Huns prennent toute la place. Nous nous pensons les reines de la soirée.
Crapaud n’appelle pas.

Sido danse toutes les chorégraphies de Dirty Dancing. Sur n’importe quelle musique. Toutes. Y compris le porté (ce n’est, d’ailleurs, pas sa meilleure idée si tant est qu’elle ne veuille montrer ses fesses à tout le monde).
Mumu fait du bouche à bouche à un gars rencontré sur la piste.
Carotte la mate en souriant. Je l’attrape pour la trainer au bar.

Nous nous faisons happer par deux argentins super sympas qui nous appâtent avec des chupitos (l’arme fatale pour les alcooliques que nous sommes). Troooop beaux gosses. Je suis, à cet instant, bel et bien responsable du réchauffement de la planète. Un ours polaire va probablement disparaitre cette nuit.
Nous passons un excellent moment avec les Argentins mais après 6 chupitos, ça n’a pas loupé.

3h du matin. Je m’isole en prétextant que je vais fumer une cigarette, je m’empare de mon téléphone. Et là non, stoppez moi ! J’appelle le Crapaud.
NON ! MAIS POURQUOI JE NE ME RESPECTE PAAAAS ??? C’EST A LUI DE RAPPELER !
Il ne répond pas. Bastardo !!!
Je regarde sur un forum sur internet si on peut effacer un appel en absence. On ne peut pas.
Je passe le reste de la soirée à attendre l’appel en retour. Et à me pendre dans ma tête. J’énerve mes copines, qui s’éclatent. Et pas moi que cette histoire a fait dessouler.
Sido et Mumu choppent toutes les deux du beau garçon. Je récupère Carotte, endormie sur une chaise et rentre à l’appartement.
Je nous borde dans le lit de Sido et explique à Carotte (qui ronfle) que je vais laisser tomber Crapaud-mon-mec.

« Tu comprends Carotte, on ne s’entend pas si bien que ça. On n’a pas les mêmes centres d’intérêt et presque pas de points communs. En plus, je déteste ses potes et c’est un foutu râleur alors que je ne pense qu’à rigoler. On n’a rien à faire ensembles… Et après notre première engueulade il est incapable de m’appeler. Et quand je l’appelle, il ne décroche même pas. Bon ok, il était trois heures du mat’, ça pue l’appel de bourrée et puis, il devait probablement dormir. Mais quand même, il devrait être pendu à son téléphone, désespéré pour avoir de mes nouvelles. J’aurais dû jouer la carte de la subtilité. Pourquoi suis-je toujours aussi lourde ? Si ça se trouve, il est en teuf avec ses potes et une grognasse avec laquelle il me trompe. Bastardo ! En rentrant, je le quitte. C’est décidé ».

Je m’endors résolue. Je décide que je suis à présent célibataire. Tremblez les hommes, Cathy revient sur le marché.

7h du matin.

Texto de Crapaud.
« Désolé ma princesse, je dormais quand tu m’as appelé. Je n’aime pas qu’on soit fâchés, je me sens mal depuis que tu es partie. J’ai hâte que tu rentres et qu’on se retrouve, tu me manques. Kiss»

Je l’aiiiiiiiime.