mercredi 8 mai 2013

Cathy apprend l’anglais à Barcelone


Semaine courte, jours fériés, weekend long entre copines, à Barcelone : je saute sur une patte de joie. J’ai très envie de passer un bon moment avec Mumu, Carotte et Sido (et les chupitos qu’on va se foutre dans le bec). Je veux OUBLIER le weekend cauchemardesque de la semaine dernière (cf chroniques des 1er et 4/05/13). Les potes puants de mon mec, mon Crapaud-de-mec qui me plait de moins en moins (et je pense inversement, surtout depuis qu’il m’a tenu les cheveux pour galeter mes tripes), l’argent que j’ai pas, l’odeur des chevaux…
J’ai d’ailleurs passé la soirée d’hier à m’engueuler avec lui à ce sujet et, furieuse, je suis partie en claquant la porte. J’ai terminé la soirée chez moi, assise par terre dans ma cuisine (comprenez kitchenette), bouteille de rosé au goulot, au téléphone avec Mumu, à pleurnicher qu’avoir-un-mec-ça-pue-la-merde-tu-ne-rates-rien.

Aux aurores ce matin, suintant l’alcool et les yeux bouffis, j’ai atterri à Barcelone en priant que la fée-du-rigoler revienne dans ma vie.

Je ne veux pas penser à mon-mec-le-Crapaud, je ne l’appellerai pas, c’est qu’un CRAPAUD !!
J’arrive chez Sido la première, Carotte et Mumu arrivent ce soir.
Sido vit dans un immense loft en colloc avec un Allemand et un Colombien (c’est troooop Barcelona spirit).

« Oh làààà, me dit-elle en me voyant, tu as mauvaise mine. Je parie que c’est encore un coup du Crapaud. Vas donc prendre une douche, je vais nous chercher de quoi nous faire un petit déj d’ogresses ».
Dès qu’elle quitte l’appartement, je fais une groooooossssse bêtise.
C’est-qui-qui-a-coincé-la-porte-de-la-salle-de-bain-qui-veut-plus-s’ouvrir?
C’est-Cathy-qui-doit-faire-pipi-mais-qui-du-coup-ne-peux-pas-entrer-dans-la-salle-de-bain.

Je panique.
Je suis à deux doigts d’aller sonner chez le voisin et ami de Sido, Sergio-la-bombe-atomique.

Note de Cathy : Sergio est à mes yeux l’homme le plus beau du monde et devrait réaliser que c’est avec moi qu’il ferait les plus beaux bébés. En plus, Sergio a un frère jumeau. Paco. Ils sont deux. Pas un. Deux. DEUX ! Pincez-moi.
J’allais presque sonner chez cette bombe atomique de Sergio pour aller faire mon pipi chargé de rosé (anéantissant ainsi définitivement les chances qu’il me demande en mariage) quand IL a fait son apparition.
Grand, frisé, aux cheveux longs, corps informe. En pantoufle. Reniflant. Le colloc-allemand de Sido.
Dans les séries TV américaines destinées aux lycéens, il y a toujours le-pote-pas-beau-gosse-mais-super-sympa-qu’on-accroche-au-porte-manteau...
Voilà. C’est lui.
Le colloc-allemand de Sido.
Un espèce de Pablo Picasso sur la terrasse, en calbute se grattant la fesse gauche.
Il tourne délicatement la tête et écarquille ses yeux ronds en me voyant.
Je suis en jupette-t-shirt-moulant-tignasse-de-lionne. Si j’avais su, j’aurais mis une burqa.
J’explique mon problème de porte coincée au colloc-allemand dans un anglais sommaire, entrecoupé de « heuuuu… heuuu…. ». « The door.. heuuu… the bathroom… heuu… I want to do pipi … heuuu»
Tel un héros, il m’a regardé d’un air déterminé en s’exclamant qu’il allait « solve the situation ».
Ses pantoufles, son caleçon et lui ont maladroitement sauté sur la petite terrasse attenante  à la fenêtre de la salle de bain Notre ssssssssssseigneur ! Mais quel manque de souplesse ! Il n’a jamais dû faire une seule heure de sport de sa vie !!
Payant sa raie (d’honneur), il est entré par la fenêtre de la salle de bain (hilarité puissance 1000 côté Cathy).
Il a débloqué la porte de l’intérieur et m’a ensuite expliqué, en calfouette, en pantoufles et en anglais, comment il fallait tourner la poignée de porte pour ne pas qu’elle se coince.

J’ai rien compris.

samedi 4 mai 2013

L’alcoolo qui murmurait à l’oreille des chevaux…



Rappelez-moi de :
-     Ne plus jamais participer à une vente aux enchères. Nous sommes allés avec Victor-le-rentier et Crapaud-mon-mec à une vente aux enchères de tableaux. C’était d’une chianterie intersidérale, j’en aurais pleuré. Du coup, mon attention a été attirée par la vente aux enchères de la pièce d’à côté. Du pinard. Je me suis prise au jeu. J’y ai laissé mes économies. Pour 6 bouteilles de pif que je suis sûre de siffler (et non déguster) en une soirée avec mes copines. Je ne sais pas comment je vais expliquer ça à ma banquière. Et piiiire… à ma Mama (qui va encore taper du pied en criant des « caramba »).
-     Ne plus jamais boire pour oublier que les potes de mon mec sont pédants, péteux et imbuvables (pas comme le pinard). Trentenaires friqués trop gâtés qui boivent de la San-Pé (tandis que je finis les bouteilles), trouvent que le métro ça pue, que les vacances hors d’un cinq étoiles ou d’une yourte c’est nul. Et que Paris c’est pas cher (!!!!!!). J’ai cru entendre l’un d’eux souffler à l’oreille de Crapaud que j’étais « excentrique » lorsque, ivre, j’ai expliqué à un des cheval du haras que l’on visitait que « l’argent c’est naze, on devrait revenir au troc ».
-     Ne plus jamais essayer de devenir copine avec les copines des potes pédants, péteux et imbuvables de mon mec. Elles ont essayé de m’expliquer que la cousine de la sœur de la voisine combinait la bague Gucci avec la montre Chanel et que c’était une faute de goût impensable alors que je m’en taaaaaaape !!!!
-    Ne plus jamais vomir mes tripes (parce que j’ai trop bu) tandis que Crapaud-mon-mec, qui me pense belle et glam’ même au réveil, tient ma touffe frisée dans une main et se bouche le nez de l’autre main. Je ne cesse de penser à cette terrible image qui a réduit mon sex-appeal à néant.

Je rêve que ce weekend se termine pour me blottir dans un gros pyjama d’hiver et expliquer à Gato, mon chat, que je vais probablement redevenir célibataire très vite… 

mercredi 1 mai 2013

Cathy-la-mytho



Depuis le dîner chez ses amis-que-j’aime-pas (cf chronique du 20/04/13), Crapaud sent que ça fouette le roussi avec moi. Je suis de moins en moins emballée par notre relation. J’ai même arrêté de chercher des prénoms pour nos gosses, preuve que je n’exagère pas !
Du coup, bim ! Surprise ! Il m’emmène en weekend prolongé.
Je passerais sur le fait que je lui avais dit que je passais le weekend chez mes parents pour profiter de ma Mama, mon Papa, mes frères, ma sœur et son mini-fauve de fils et qu’il n’en a pas tenu compte. Cela ne lui a pas semblé important apparemment.
« Rooohhhh Cathyyy…. Ta famille tu la vois tout le temps, tu pourras les voir à un autre moment. Un weekend en amoureux avec moi, ça n’arrive pas tous les jours. Tu as de la chance, tu sais ? Je ne fais pas ça souvent avec mes copines ! ».
Ok, donc je vais oublier l’intégralité de cette dernière phrase pour pouvoir passer un bon weekend.
Je me détends dans la voiture, tandis que nous sortons de Paris, direction l’Ouest. Je m’imagine une petite maison d’hôte où on mange de la cuisine de grand-mère (grasse, par pitié !) et des balades en bord de mer, enlacés et amoureux.
Mon portable vibre. C’est Mama.
« Cathyyyyyyy, mi pericotito !!! »
(Note de Cathy : ça veut dire ma petite souris…).
« Como estas ? Tu nous manques tu sais ? Nous sommes tellement déçus que tu n’aies pas pu rester avec nous. Ton weekend professionnel tombe vraiment très mal. Cruella n’a aucune pitié pour toi ! »
Oui. Honte à moi. J’ai menti à ma Mama. Etant péruvienne et, pour des raisons culturelles évidentes, elle n’aurait JAMAIS compris que j’annule un weekend avec le noyau familial pour aller roucouler avec un mec qu’elle ne connaît pas (et même pas péruvien…). La fée du courage n’étant pas passé sur mon berceau, j’ai préféré trouver l’excuse d’un weekend professionnel facile à lui faire avaler puisque Mama sait que Cruella me torture au stalag. D’ailleurs, cette dernière étant malade depuis quinze jours, je soupçonne Mama de lui faire des incantations incas pour qu’elle décède. Sachez qu’on ne touche pas au pericotito de la Mama.



« Tu nous manques tellement mi bebe… » soupire Mama.
« Maaaa… On s’est vu la semaine dernière et je passerai dimanche en rentrant de… enfin, en terminant mon weekend de boulot, ok Mama ? »
« Ok hijita. Je te garderai du ceviche, si tes frères et sœur ne mangent pas tout ».
A cet instant, je hais mes frères et sœur que je jalouse à mort. J’ai très envie d’être avec eux et je m’en veux de mentir comme une ado. Peut-être que mon inconscient ne veut pas admettre que je sors avec Crapaud et que je n’assume pas et que c’est pour ça que je mens… Il doit y avoir une explication psychologique à tout ça, non ?
« Nous partons à la mer, me dit Crapaud lorsque j’ai raccroché ».
A la meeeeeeer ? Génial, je suis trop contente. Ça me console un peu.

« A Deauville » poursuit-il.

Et merde…

« Nous rejoignons Victor, il veut nous faire visiter le haras de son cousin demain. Nous passerons le weekend dans sa maison de campagne avec quelques amis ».

QUOIIIIIIIII ??? Ce n’est pas DU TOUT un weekend en amoureux ! Et puis les canassons ça fouette. Et puis, je n’ai pris que des talons pour faire la belle. Maintenant, je vais les niquer avec du crotin de canasson-qui-fouette. Et je vais me faire chier à écouter Victor parler de lui. Et puis la bouffe est immangeable quand il est dans une cuisine. MAIS PENDEZ-MOI !

Crapaud continue :
« J’ai bien vu que le courant n’était pas forcément passé lors du dîné que nous avons passé chez lui, c’est pourquoi ce weekend tombe à pic pour que vous appreniez à vous connaître. C’est mon meilleur ami tu sais ? C’est important pour moi que vous vous entendiez bien. Ah, et dimanche, nous participerons à une vente aux enchères de tableaux, avec Victor. Je cherche une toile pour mon salon ».
MOURIR, JE VEUX !
Je me rêve en jogging chez Mama, avec mes frères qui préparent des cocktails-trop-alcoolisés, Mama et ma sœur aux fourneaux occupée à contenter mon estomac de Mammoutha, Chucky-mon-neveu qui régurgite son biberon et trouve ça rigolo, et Papa qui choisit le vin.
C’est forcément la fée-des-enfants-pas-sages qui me punit d’avoir menti à ma Mama pour ce weekend ! C’est bien fait pour moi, j’avais qu’à être sage.
En signe de protestation, je vais chier dans les box des canassons histoire de niquer leurs sabots. Bien fait pour eux !