dimanche 16 décembre 2012

Les courses de Noël

Faire les courses de Noël alors que :

1. C'est dimanche.
2. J'ai une gueuldeub' monumentale parce qu'hier soir, j'étais la fille facile du Sauvignon.
2. J'ai envie d'être en pyjama sous la couette avec deux kebabs et une fontaine de coca.
3. Je suis avec ma Mama et ma soeur qui, toutes excitées, gambadent de rayon en rayon. Sobres.
4. Je suis de corvée "neveu-de-deux-mois" que les courses de Noël font royalement chier (aussi!).

Je traine ma carcasse et un landau-sirène-je-veux-mon-biberon-ouiiiiiinnnnnn dans une galerie marchande beaucoup trop éclairée pour mes mirettes abîmées. Avec des chants de Noël en fond sonore.

Donnez-moi une corde.

Mama s'extasie au moindre petit pyjama de bébé en me le secouant sous le museau "Regaaaaarde Cathyyy, comme c'est mignon!".
Ma soeur s'évertue à essayer des pantalons à sa-taille-d'avant-la-grossesse en miaulant "Je suis grosse. Je suis grosse. Je suis grosse x1000".

Toutes les mamans de la ville ont décidé de faire les courses avec leurs enfants.
Erreur monumentale.

Déjà, parce qu'ils ne croiront jamais au Père Noël s'ils voient des kilomètres de rayons pleins à craquer de jouets. Et la magie dans tout ça?
Ensuite, parce dans lesdits rayons, les gentils chérubins se transforment en gremlins hystériques assoiffés de jouets. S'instaure alors une guerre sans merci entre enfants (et parents) pour savoir qui aura la dernière barbie gothique (non mais barbie gothique quoi!) ou le dernier camion poubelle des Playmobil.

Franchement, qui a eu l'idée, chez Playmobil, de produire des camions poubelle? ET QUI OFFRE DES CAMIONS POUBELLE A SA PROGENITURE????

Tandis que je réfléchis à la stratégie commerciale de Playmobil, un rugissement provenant du landau me fait tressaillir. Devant les regards affolés des passants autour de moi, je me vois obligée de prendre le mini-fauve dans mes bras pour lui enfourner un biberon.

Pendant ce temps, Mama est toujours en train de vérifier si chacun des dizaines de jouets qu'elle a dans les mains respectent les normes européennes de sécurité.
Ma soeur, quant à elle, fait une étude comparative de tous les pèse-personnes du magasin, en pestant qu'aucun ne fonctionne correctement parce qu'elle n'est pas si grosse que ça. x1000

Je rêve de mon lit (x2000)
Par ailleurs, effondrée, je fais la terrible constatation qu'avec un bébé (tigre!) dans les bras, les hommes font comme si je n'existais pas.
Mon objectif d'avoir un mec avant la fin de l'année est donc toujours aussi mal barré.

Pour finir de m'accabler, ma soeur réapparait avec un pèse-personne-à-peu-près-clément-sur-son-poids dans les bras.
"J'ai aussi pris un produit-drainant-brûleur-de-graisses, me dit-elle triomphante. La vendeuse dit que ce produit est révolutionnaire quand on a quelques kilos en trop".
"C'est vrai???? dit Mama, l'ai sincèrement ravie. Attendez moi à la caisse, je vais en chercher pour Cathy".


vendredi 14 décembre 2012

Abdos-fesses



Ce matin, sur ma propre échelle de l'humiliation, il m'est arrivé la médaille d'argent.

Pour garder mon corps de rêve (et continuer à manger des big mac), je vais au club de gym avant d'aller bosser. 
Non. Vous avez bien lu. Je vais au au club de gym AVANT d'aller bosser. Soit aux aurores pour pouvoir arriver au stalag à 9h (comprenez midi pour Cruella).

Je vais donc au sport avant le stalag. Enfin, j'y vais parfois... Enfin... De temps en temps... Enfin bref!

Ce matin, 7h45, cours de Taille-Abdos-Fessiers (pen-dez-moi!).

Le prof est un petit gars musclé qui roule des mécaniques, fait des blagues aux filles et des allusions à son salaire trop faible. Un petit gars un peu lourd et pas politiquement correct, qui se rince l’œil en permanence...mais efficace ! Mes courbatures pour preuve.

Le cours de torture commence. 
Le prof passe de fille en fille en laissant trainer sa main, tâtant une hanche par-ci et une cuisse par-là. 
"Vous voyez comme ça travaille?' précise-t-il en nous pelotant. 
Je n’y échappe pas. Il vient à côté de moi, me touche le ventre et repart, abusivement silencieux. Autant qu'il hurle dans la salle "Non mais Cathy a ZE-RO-AB-DO!!!".

Viennent les 5 dernières minutes.
Etirement des adducteurs. Je suis allongée sur le dos, les genoux ramenés sur mon ventre.
Il s’approche de moi, me prend les jambes et les écarte le plus possible.

Mourir, je veux.

Il me sourit.
« Je vous étire » qu'il me dit.

Coatch-mains-baladeuses me lâche, toujours sourire.
Je m'assois et regarde mon visage dans le miroir d'en face. Je suis rouge fluo.
Dans le même miroir, je m'aperçois que mon pantalon de sport est complètement décousu entre les jambes.  

Je fais un rapide calcul dans ma tête de génie et me vois obligée de conclure qu'avec mon mini shorty noir en fine dentelle, mon trou dans l'froc et mes jambes écartées,  Coach-mains-baladeuses a vu sur une partie de son anatomie à laquelle beaucoup trop peu ont eu accès.

Pour me consoler, je repense à ma médaille d'or de l'humiliation, que je me suis auto-remise il y a quelques années, au lycée.

J'étais sur le point d'emballer le beau gosse des terminales.
J'étais tellement euphorique que j'avais mangé mon devoir de Maths, arraché mon manteau et fait la roue dans les couloirs.
Au moment du premier baiser, on s'est tous les deux aperçu que j’avais retapissé la moquette blanche de son studio avec la crotte de chien dans laquelle j’avais marché.

mercredi 12 décembre 2012

Comment devenir moche?

Tous les matins, je demande à mon miroir (pas) magique qui est la plus belle.
Et tous les matins, il me donne la bonne réponse (en même temps, c'est moi qui commande).

Comme pour me punir de ce narcissisme démesuré (et inné), ce matin, le destin s'est attelé à me mettre des troncs dans les roulettes.

Aujourd'hui, et exceptionnellement, je ne suis donc pas la plus belle.
J'ai peur que mes collègues ne s'aperçoivent que je ne suis qu'un mythe.

Comment en suis-je arrivée là? Rien de plus simple!

De 1. J'ai des valises de 23 kg sous les yeux.
Il m'a suffit de ne pas dormir (ou très peu) cette nuit car je me demandais, en vrac : Est-ce que Dieu existe? Pourquoi j'ai pas de mec? Est-ce que les abeilles piquent? Pourquoi on a un nez? Pourquoi j'ai pas de mec? Est-ce que Gato m'aime vraiment du fond du coeur? Est-ce que Gato est capable de ressentir des émotions? Est-ce que les chats ont une âme? Pourquoi j'ai pas de mec? Pourquoi ma concierge ne se rase pas la moustache? Pourquoi les pandas ne mangent pas de viande? Est-ce que les pandas sont des ours? Pourquoi j'ai pas de mec? Pourquoi je suis trop grosse?

De 2. J'ai un pied bot.
Après une nuit si passionnante, la sonnerie de mon réveil m'a fait l'effet d'un troupeau d'éléphanteau marchant sur mon oreiller. Quatre fois, puisque je m'évertuais à l'éteindre avec l'espoir qu'il décède entre deux sonneries. A la quatrième (maudite!) sonnerie signalant la limite fatidique du "je-suis-très-en-retard", je me suis levée précipitamment pour filer me préparer. Je n'ai évidemment pas vu que la couette était à moitié tombée par terre, sinon je n'aurais pas bêtement glissé dessus et laissé mon petit peton atterrir contre le pied du lit. J'ai eu beau sauter en micro-chialant et en me tenant le petit orteil, je pense qu'il est cassé en mille morceaux. Je peux donc oublier mes velléités de reconversion en petit rat de l'opéra et autres destins de danseuses étoiles. Merci mon lit, j'ai raté ma vie.

De 3. Je ne peux plus prononcer les consonnes.
J'ai la langue brûlée au huitième degré. Voilà ce qui arrive quand on boit du café brûlant pour se réveiller. En plus, on est mercredi et le mercredi, c'est mousse au chocolat à la cantoche. Je ne vais donc pas pouvoir en profiter. ALORS QUE JE N'AIME MEME PAS LE CAFE!

De 4. J'ai un coco-bel-oeil.
Conséquence fâcheuse d'une recherche active du café qu'on ne sait pas où on range puisqu'on n'en boit pas. Et qu'on a la tête dans le fion. Un bon coup de porte de meuble de cuisine (et un oeil en moins), c'est bien plus efficace pour se réveiller.

De 5. Je boîte.
C'est me tenant la mirette (et le peton) et en mâchouillant un glaçon que je suis entrée sous la douche, plus renfrognée qu'un sanglier. Je commençais sérieusement à jurer comme un charretier quand la p*#*% de douche m'a fait sursauter car elle était glaciale et, en reculant, je me suis sévèrement cognée la fesse droite sur le robinet. P%$# de b...del de m..de! (Remarque: pour une fois que j'ai mal au cul...).

La seule bonne nouvelle de la matinée, c'est que j'ai croisé Jean-Michel-de-la-compta dans l'ascenseur en arrivant au stalag. Me voyant borgne et boiteuse, il s'est bien gardé de me proposer un sempiternel déjeuner plus ennuyeux que l'ennui.
Il s'est probablement dit que j'avais un mec.
Un mec violent.
Mais un mec quand même.


mardi 11 décembre 2012

Bilan de gueuldeub du mardi matin

Après un weekend sous la couette à laisser Mama tuer ma grippe (et à cruellement manquer à Paris), j'ai repris le stalag hier. 

Cruella, plus en forme que jamais, m'attendait dans son bureau pour me présenter notre prochaine mission d'audit (Eurk!).
Tel le tyran tyrannique, elle dicte. 
Je prends des notes pour lui faire croire que ça m'intéresse. 
"Le « due diligence » est une phase clé dans le processus de croissance externe, tant pour le cédant, car la valorisation de sa société pourrait être revue à la baisse, que pour l’acquéreur, qui doit pouvoir mesurer l’ensemble des risques concomitants à la cible.  Ceci avant de prendre un engagement ferme et définitif"


NON-MAIS-PEN-DEZ-MOIIIIIII!!!!
ON S'EN TAPE NON???????

Pour échapper à mon terrible destin (et me rattraper du weekend-grippe), à peine sortie du stalag, je me suis précipitée au bar pour rejoindre une copine. 

Apéro du lundi soir.

Ce matin, je tire les leçons de cet épisode.


Bilan 1:
Mise en bouche au champagne
Deux bouteilles de pinard (à deux)
Quelques white russian (chépucombien)
Des shots de vodka-jet 27 (pas mieux).

Bilan 2:
Coupure d’eau à la maison ce matin. Grands travaux de ravalement de ma propre façade corporelle impossible. Aujourd'hui, ça se voit que je pue. Et que je suis bouffie.

Bilan 3:
Il y a une vente Macdo sur vente-privée, c’est le plus beau jour de ma vie.

Bilan 4:
J’ai laissé mon numéro au serveur mignon du bar où on était hier soir. Je suis la joie incarnée. Je vole de nuages en nuages de joie, tel le petit mammouth ailé. Je prévois déjà mon regard œil de bitch, mon jean joufflu, mon sempiternel pestacle-de-salsa-et-d’humour-hilarant pour l’impressionner. Puis immobilisation dudit serveur et mise à mort par morsure de la jugulaire. Je serai une lionne. Je ne vais en faire qu’une bouchée, c’est dans la poche.

....Par contre, il faudra que je boive. Sinon je serai encore une carpe (un brochet !).

Bilan 5:
Depuis ce matin, j'attends la faucheuse au stalag, en roulant le câble de ma souris autour de mon doigt. Avec le hoquet.






dimanche 9 décembre 2012

La reine du silence


Ce matin, je traine mon corps grippé à la pharmacie. 
En chemin, et alors que j'ai l'air fatiguée et que je me balade en legging (comprenez pyjama) en marchant à la vitesse de l’escargot, bim!
Je vois un scooter qui fait des allers-retours dans la rue en me regardant. Il finit par s'arrêter et m'attendre.
Il me dit qu'il est désolé de m'interrompre dans ma course (Note de Cathy : une touche d'humour ! Like! ) mais qu'il voulait absolument me faire un compliment.

« Vous êtes magnifique »

Il n’a pas dit « Vous êtes belle ». 
Il a dit « Vous êtes magnifique ».
Pas belle. 
Magnifique.

Mon non-maquillage, mes baskets, mon pyjama et moi avons immédiatement pensé qu'il manquait de discernement (et exagérait) mais nous nous sommes tus. 

David. 30 ans, beau gosse, photographe. Tombé du ciel.

Me suis également présentée mais j'ai senti que "Cathy, 30 ans, bosse dans la finance alors qu'elle n'y comprend rien et pourrait se pendre tous les matins tellement c'est chiantland" n'était pas une très bonne phrase d'accroche.

Il est parti sans me demander mon numéro.

En même temps, j'aurais jamais dû lui expliquer que Cruella désapprouve que j'appelle trop Mama. C'est sûr que ça a dû le faire paniquer.  
En fait, j’aurais rien dû dire, j'aurais juste dû sourire. 

Cependant, j’aurais aussi pu lui demander son numéro au lieu d’attendre qu’il le fasse.

Mais non ! Et non ! Je m'insurge.

Ce sont les garçons qui demandent les numéros, qui invitent à diner après les sacro-saints trois jours ouvrés suivant la première rencontre, qui offrent des fleurs et qui nous trouvent belles dans cette robe en nous imaginant nues à 4 pattes.




Ce sont les filles qui s’épilent, qui cuisinent, qui mangent une salade au premier rencard pour faire croire qu’elles prennent soin d’elles, qui interprètent le moindre « bisou » dans un texto comme une demande en mariage et qui chialent quand ils ne rappellent pas, non???

Nan parce que si les règles ont changé faudrait penser à me prévenir. 
Parce que je ne vais jamais y arriver.

Déjà que je ne suis pas muette…