jeudi 7 février 2013

Correspondance


A qui recevoir du courrier ne fait pas plaisir?

A moi...

Déjà que ma vie est complètement pourrie puisque j'ai dû quitter Cuba, où il fait 30 degrés (contre -147 degrés ici) et que j'ai dû revenir bosser (comprenez être esclave) à Chiantland. La Défense. Ses tours grises. Mon 35e étage. Cruella-ma-boss. 

Depuis que je suis rentrée de vacances, dimanche dernier, je me lève le matin avec une inquiétante envie de me pendre avec ma couette. 
Et lorsque, le matin, j'arrive au boulot (comprenez stalag), mes yeux s'humidifient et ma lèvre inférieure commence à trembloter. Je regarde alors le ciel avec mes yeux de chatte-bottée et lui demande pourquoi? Pourquoi ne suis-je pas fille d'un Emir ou autre Duc méga-riche qui vivrait de ses rentes et n'aurait pas à bosser? Hein? Pourquoi? Pourquoi ne pas me faire gagner un petit loto qui me libèrerait de cette abominable contrainte alimentaire qu'est le travail? Pourquoi ne pas guider mes pas vers un bureau de tabac pour me faire remplir une petite grille? POURQUOI??? 
J'ai dû être très très vilaine dans ma vie antérieure...

Ma seule consolation de la semaine a été de croiser ma concierge et sa moustache, mardi matin. J'ai passé ma journée à regarder le ciel en le remerciant de ne pas m’avoir affublée d’une moustache. J’ai également réfléchi (au lieu de bosser) au fait que ma concierge a dû faire quelque chose de très très moche dans sa vie antérieure... Genre boire toute la potion magique, balancer Zorro au sergent Garcia, coucher avec le mec de Cendrillon ou piiiiiiiiiire!! Tuer la maman de Bambi ! (car, nous sommes d'accord, tous ces personnages ont bien existé).

Ainsi, en rentrant chez moi hier soir, j'ai senti une vague de joie m'envahir quand j'ai vu que j'avais du courrier. Je me suis dit qu'enfin quelqu'un pensait à moi, que je n'étais pas insignifiante pour toute la planète, que j'avais un rôle à jouer, qu'une interaction sociale autre qu'avec Cruella m'attendait...

Trois courriers m'attendaient:

- Un petit colis.
C'est une surprise de Mama qui m'a envoyé un fond de teint "effet bronzage" pour avoir l'air de rentrer de vacances (et me consoler de mon non-bronzage à Cuba). Je l'aime, ma Mama. C'est la meilleure Mama de la planète. Je l'aime (x1000).

- Un courrier de ma banquière m'indiquant que nous pourrions discuter d'un prêt personnel qui me permettrait de me remettre à flot sans avoir recours au découvert et me rappelant le montant total d'agios que je lui dois depuis six derniers mois. Sacré bon sang! Ma banquière est vraiment trop boulot-boulot. Il faut absolument qu'elle se décoince!!! En guise de réponse, vais lui envoyer une carte postale d'une plage à Cuba, avec un soleil couchant. Je lui écris également un petit mot "Merci pour cette proposition mais Papa dit que c'est une arnaque. Par ailleurs, il faudrait recompter le montant annoncé. Non pas que je rechigne à payer mais il me parait un peu élevé. Merci d'avance. Cathy B."

- Un courrier de Muffle, mon ex. Je me demande bien pourquoi il m'écrit. 
L'enveloppe contient une photocopie de sa taxe d'habitation et un post-it "Salut Cathy, comme tu as passé beaucoup de temps chez moi l'an dernier, j'estime que nous devrions partager cette taxe. Tu me dois donc 458€. Mon RIB au verso. Muffle ". 
NON MAIS QUEL ABRUTI!!!! J'avais oublié qu'en plus d'arrogant, égoïste et imbuvable, il était pingre. Je le hais (x1000). Ma réponse est très simple: un renvoi de son torchon avec un gros phallus au marqueur rouge et un "FUCK YOU", même marqueur, même couleur, sur un autre post it.

J'ai fait tout ça en expliquant, ulcérée, la situation à mon chat, Gato, qui s'est contenté de bailler pour toute réponse.
S'il avait été plus attentif, je n'aurais pas interverti les réponses à mes deux derniers courriers.
Depuis ce matin, je regarde le ciel en priant pour que ma banquière ait de l'humour...



mardi 5 février 2013

Retour à Paris - Pendez-moi!

- Double pinte de Lexo pour ne pas fondre en larmes dans l'avion du retour des vacances: check
- Atterrissage de l'avion à Roissy : check (comprenez, je suis bien vivante car l'avion ne s'est pas écrasé)
- Crise de larmes en constatant qu'il fait 6 degrés à Paris et que 24h plus tôt, je sirotais un (des) mojitos sous 30 degrés : check
- Retrouvailles avec mon chat, Gato, qui est visiblement en dépression depuis mon départ: check (il a mangé le savon, une de mes culottes et passe son temps à courir nerveusement après sa queue. Mon chat est givré).
- Dimanche soir de total déprime à l'idée de retourner au stalag: check

- Nombre de "Salut Cathy, pas trop déprimée d'être de retour au boulot?" demandés par mes collègues: 13
- Nombre de "T'es sûre que t'es allée à Cuba Cathy? Parce que t'as pas du tout bronzée!": 22
- Nombre de "Vos gueules!" que je leur ai répondu dans ma tête: 22 aussi
- Nombre de "Merde" prononcés par moi-même en croisant Cruella, ma boss, dans les couloirs, me faisant réaliser au passage qu'elle existe bien dans la réalité et non uniquement dans mes pires cauchemars: 5
- Nombre de "Vous n'auriez pas grossi pendant vos vacances, Brochet?" demandé par Cruella: 1 (la salope!)
- Nombre de larmes versées lorsqu'elle m'a annoncé qu'on repartait à Londres pour une mission d'une semaine dès lundi prochain: 234 (mille)



J'ai pourtant passé toute la semaine des vacances à répéter (souvent très ivre, en oubliant donc la moitié des consonnes) que, même si les moustiques cubains ne m'aiment pas (ni les touristes australiens, d'ailleurs), je resterai vivre à Cuba car il fait beau, chaud, que la musique est bonne et qu'il pleut des mojitos.

Mais après être rentrée à Paris et avoir passé une journée à l'horrible La Défense, je suis forcée de constater que je ne suis qu'un mouton qui n'a pas de personnalité et qui n'a aucune parole!
Si la fée du courage était passée sur mon berceau et que ma Mama était moins autoritaire et ne m'avait pas crié dessus pour que je rentre car ne peut pas vivre d'amour et d'eau fraiche (de l'eau? c'est quoi?), je l'aurais fait! Si! Si!

jeudi 31 janvier 2013

Cathy Ingalls

Etant une fille très créative et pleine d'inventivité, j'ai réussi à dissimuler les abominables marques que l'abominable moustique (enculé!) a laissé sur mon merveilleux corps (de rêve).
Pantalon en lin, un peu large, mais sexy (enfin, je crois...).
Chemisier léger à manches longues. 
Maquillage pour les piqûres du visage (on n'a pas vu mes yeux pendant 24h! 'culé de moustique!!).

Je suis ainsi à peu près présentable même si dans l'impossibilité de :

- mettre mes jupettes et autres petits-t-shirts-moulants-attrape-garçons, sous peine d'exposer ma peau tachetée d'innombrables piqûres de moustique à l'air libre. L'allergie qu'elles me provoquent leur donne une couleur magenta virant violet. Inadmissible au pays du glamour. Mourir, je veux.

- m'exposer au soleil, au risque d'aggraver mon cas. Je passe mes journées sous le parasol. Je vais donc rentrer en France aussi blanche que mon cul.

- emballer un garçon. 
Déjà parce qu'il faudrait que je ne sois pas vêtue du combo pantalon-chemisier-manches-longues sur la plage. Avec mes deux tresses, j'ai carrément l'air d'une Amish. Ou de Laura Ingalls qui aurait pris un bus. 
Ensuite, pour emballer un garçon, il faut être dans l'état d'esprit de la chasseresse. Telle Diana, la déesse. Etant dans l'impossibilité impossible de me dénuder puisque convalescente d'une attaque de moustique à dards armés, je ne suis pas vraiment dans l'état-d'esprit-de-Diane-la-déesse-de-la-chasse.

Mes copines ont donc évidemment sauté sur l'occasion pour me trouver une nouvelle utilité: je suis garde-moche.
En effet, tandis que l'infirmière de l'hôtel me faisait une piqûre d'antihistaminique pour que je ne devienne pas elephant man, réduisant, au passage, mon sex-appeal à l'état de néant, mes copines ont abordé trois touristes australiens.
Des surfers, blonds, bronzés, musclés... Trois mots d'anglais... I love you... I want to fuck you.
Enfin.
Deux surfers, blonds, bronzés, etc...
Un pour chacune d'entre elles.
Moi j'ai eu droit au troisième australien.
Le non-surfeur.
Le mangeur de burger.
Petit. Gros. Pas beau. Pas beaucoup de conversation (en même temps, vu mon niveau d'anglais...). Le moche, donc.

Les deux beaux surfers ont l'air ravis que je me charge la mission tenir-compagnie-au-moche. Lui trouver de la compagnie féminine a, en effet, l'air compliqué.
Mes copines me sont infiniment reconnaissantes car leurs nouveaux petits copains peuvent ainsi se dévouer à elle, corps et âme (et surtout corps).



Le petit gros, lui, n'a pas l'air content. Cathy Ingalls n'a pas l'air à son goût (contrairement au burger qu'il s'empiffre). 
Il essaie de retenir ses potes en faisant semblant de se couper les veines.
Non mais c'est la meilleure celle-là!!!!
Déjà que j'en suis réduite à être garde-moche, MOI!! Cathy Brochet!!!! 
Il faut qu'en plus Môssieur-le-moche fasse le difficile.

En grande princesse, je me lève avec la ferme intention de monter dans ma chambre pour passer la soirée à faire un génocide de moustiques.
Je me retourne en plantant mes yeux (gonflés) dans ceux du petit gros et en lui faisant mon plus beau doigt d'honneur.
"De toute façon, I pas love you, I want pas to fuck you! Little gros!!!"

mardi 29 janvier 2013

Le gros dard

Trois jours qu'on cuit sous  le soleil de Cuba.
Mer turquoise.
Musique endiablée. 
Mojitos (x1000). 

La marque de nos maillots de bain commence à se voir (comprenez, on a le cul blanc...). 
Nous occupons nos journées à mater les serveurs du bar (open, le bar...) derrière nos lunettes de soleil. 
Ils sont A CROQUER!!!
Notre aliment de base est le rhum.
Et de tout ce qui est gras sur les buffets à volonté servis toute la journée (burgers-frites-pizza-mayo-gateau-choco)
Nous sommes au paradis (je me demande comment Mama va réagir quand je lui dirai que je ne veux plus rentrer...).

Nous sommes trois copines mais, semble-t-il, je sors du lot (en même temps, rien d'étonnant, je suis une fille exceptionnelle).

Je me suis faite chassée. 
J'étais sa proie.
Moi.
Pas les autres.
Il ne m'a pas lâchée. 
Moi.
J'ai essayé de lutter.
De m'en débarrasser.
Mais, tard dans la nuit, je me suis rendue.
Moi.
Offerte.
Ce fût une nuit épuisante.
Il ne m'a pas laissée dormir.
Il me voulait.
Il a laissé sur ma peau les marques de sa brûlante succion.
Et de son gros dard.

...

ENCULE de moustique.

Mes vacances sont foutues.
Etant allergique aux piqûres de moustiques, je ressemble à présent à un dalmatien aux yeux bridés (et un peu enrobé).
En plus, je me gratte tout le temps.
Je peux donc dire adieu au soleil si je ne veux pas avec l'air du canidé tacheté forever.
Je fais également une croix sur mes espoirs qu'un joli touriste ou serveur cubain trop mignon me chasse à son tour.
J'avais pourtant imaginé le scenar' idéal d'une comédie romantique hollywoodienne pour ma propre existence: soleil, touristes, vacances, petite française (un peu latino et un peu trop grosse), petit anglais (ou autre, ou n'importe quoi même, un joli garçon, n'importe lequel!!!!), coup de foudre, coucher de soleil (et non coup!), premier baiser sur la plage, nuit magique, retour en Europe main dans la main, bague au doigt, mariage, trois enfants et achat de lave-vaisselle Candy (j'adore cette marque).
Tous mes espoirs tombent à l'eau...

ENCULE!!!


samedi 26 janvier 2013

Cathy aéro-plane.

Fin de semaine, enfin! 
A peine sortie du stalag, j'ai sauté dans le RER direction Roissy-Charles de Gaulle car je pars une semaine en vacances au soleil. A Cuba. Avec deux copines.
J'ai pris soin de pousser un cri de joie en sortant de l'abominable tour grise où je suis esclave, en lui faisant des doigts d'honneur et en lui tirant la langue. 
C'est les vacances, je saute sur une patte de joie! 
Je danse!
Je suis tel le petit mammouth ailé qui saute de nuage en nuage en souriant...



Une semaine sans La Défense.
Une semaine sans Cruella.
Une semaine de bonheur.

Petit (gros) hic.
Pour me rendre à Cuba, il faut prendre l'avion (en bateau, c'est très long. J'ai checké).
Et j'ai peur de l'avion. Très peur. Très très peur.

Après l'euphorie des retrouvailles avec mes copines à l'aéroport, le checking en blablatant des maillots de bain, crèmes solaires et autres lunettes de soleil qu'on a emmenés, vint l'heure de l'embarquement.

Mon cerveau réalise enfin qu'il doit monter dans cet immense engin ailé pour m'emmener au bout du monde.
Mes jambes ont alors commencé à trembler, mes mains à suer, mon pouls à s'accélérer.
Me connaissant comme si elle m'avait faite, Mama m'a donné une boîte de Lexomil pour que je voyage plus sereinement.
"Comme tu n'as pas l'habitude d'en prendre, mi hija, un quart suffira largement à te faire dormir tout le voyage. N'en prends surtout pas plus! Caramba!"
Cédant à la panique de la montée dans l'avion (et oubliant le Caramba de Mama qui, d'ordinaire, me fait trembler), j'en ai évidemment pris un entier, espérant m'anesthésier jusqu'à l'atterrissage. 

Le temps que le médoc fasse effet, j'ai cependant eu le temps:
- de refuser de m'assoir à côté du hublot parce que je ne veux pas regarder dehors et réaliser que nous sommes dans les airs, obligeant mes deux copines à s'assoir avec moi sur une rangée centrale inconfortable. Et, le comble! Au lieu de se réjouir d'être solidaire avec moi, elles ont fait la gueule.
- de leur démontrer par A+B que ce n'est pas normal qu'un immense engin de fer puisse se hisser dans l'air et voler. Je veux dire: il vole! C'est pas normal. Pas normal de ne pas toucher terre pour se rendre d'un point à un autre. Pas normal de pouvoir braver une tempête, le vent, les nuages... Surtout quand on pèse des tonnes et des tonnes. La pesanteur, la pomme, Galilée... Bref, c'est PAS NORMAL.
- de gueuler sur un mioche qui ne trouve rien de mieux à faire que de courir dans les couloirs de l'avion, risquant ainsi à tout instant de le faire chavirer et de tomber, telle la feuille de l'arbre, pour ensuite disparaitre dans les fonds obscures de l'océan Atlantique  "Tu comprends pas petit???  Arrrêêêêête de courir!!! On va tous mourir et ce sera de ta faute!!!".
- de pleurer parce qu'on va tous mourir.



J'ai ensuite fait une fixette sur Twilight 3, que j'ai regardé en boucle en bavouillant. 
A c'qui parait. 
On m'a raconté. 
Je ne m'en souviens pas.

Je me suis réveillée quand l'avion s'est arrêté, après l'atterrissage.
L'une de mes copines a les yeux gonflés car elle a pleuré toute la route en répétant que c'est vrai que c'est bizarre qu'autant de métal puisse s'élever du sol et qu'elle ne voulait pas finir au fond de l'océan.
L'autre est très fâchée. Elle s'est disputée avec la mère de l'enfant qui courait car celle-ci voulait me dénoncer aux autorités cubaines pour consommation abusive de stupéfiants, s'attirant ainsi la non-sympathie de tous les passagers pendant que j'étais occupée à caresser mon accoudoir en répétant "gentil le loup garou, gentil" (m'en souviens pas non plus, elle l'a sûrement inventé...). 
Et elle est toujours furax à l'arrivée.
Franchement, faudrait qu'elle se calme, à ce rythme là, j'ai peur qu'elle nique l'ambiance des vacances.
Vais lui proposer un Lexomil...

mercredi 23 janvier 2013

Mama Poule


Sachez que j’adore ma famille. 
Surtout ma Mama. La péruvienne. Et tout particulièrement aujourd’hui.
Comme tous les matins, je m’assois à mon poste de travail dans mon bureau gris de La Défense grise (avec mon café-crème, mon pain au choc et ma non-envie de travailler) et, comme tous les jours, le premier mail que j’ouvre est le sien.
J’ai ce petit rituel le matin… bin quoi ? On peut être vieille avant l’âge non ?
Café-crème-pain-au-choc-de-grosse-et-mail-de-Mama.
Après ça, ma journée de non-travail au stalag peut commencer.
Ce mail commence toujours par « hola mi pericotito » (Note de Cathy : cela veut toujours dire « bonjour ma petite souris ») et entreprend, toujours, de me raconter les aventures qui se passent dans la maisonnée familiale, près de Lille, histoire que je n’oublie pas où est mon nid.
C’est toujours à peu près la même chose, mes frères pioncent, mon père travaille ou fait le jardin, Mama me parle de ses petits plats ou du Pérou.
Et grâce à ça, la-petite-souris-que-je-suis a l’impression d’être toujours avec eux (couper quoi ? le cordon ? QUEL CORDON ????)
Ce matin, le mail de Mama (traduit de l’espagnol, ponctuation comprise) disait :
« Hola mi pericotito j’espère que tu vas bien ici tout va bien Papa va partir au travail ton petit frère n’a pas cours je vais faire mon repassage hier soir une petite femelle faisane s’est explosée contre la fenêtre de la cuisine la pauvre petite le voisin va l’emmener pour en faire du pâté Gros bisous Ta Mama».
Non mais est-ce que tout le monde me suit ???? « La pauvre petite, on va en faire du pâté »
Ma mère est une indigène toute droit tombée d’un arbre. On a déjà bien de la chance qu’elle sache parler notre langue et on peut se dire qu’il est normal pour elle que les uns meurent pour que les autres survivent (l’histoire de la vie, ce cycle éternel, Mufasa et blablabla).
Elle aurait aussi pu dire que c’est la Pachamama (Terre-Mère en quechua) qui a voulu la mort de la petite femelle faisane pour que ma famille puisse survivre…
Soit.
OK, j’aurais compris. Après tout, je suis une souris.
Mais faire preuve d’un tel cynisme c’est INADMISSIBLE !!! « La pauvre petite, on va en faire du pâté ».
Inutile de vous dire que je l’ai appelée sur-le-pré, et failli me pendre quand elle m’a expliqué que mes frères s’étaient jeté dans ses jupes en s’écriant qu’un aigle (!!!!) s’était suicidé contre la maison…
Cette réaction est somme toute logique car, au final, nous sommes ses enfants. C’est normal qu’on réagisse comme des petits incas qui voient en cet acte un signe de la prochaine fin du monde de 2012 (en fait, petit frère numéro 2 aurait plutôt pensé à un hibou « et pourquoi pas un condor ? » qu’elle lui a répondu la Mama !!).
J’ai également froncé les sourcils et dit à Mama que c’était dégueulasse pour la petite femelle faisane.
Qu’elle avait beau faire preuve de cynisme (ce qui démontre clairement qu’elle s’est adaptée à notre civilisation judéo-chrétienne), elle n’est ni plus ni moins qu’une sauvage !
(En même temps je me demande comment ce stupide piaf a fait pour ne pas voir…. ma maison  ???????? au point de finir dans le double vitrage de la fenêtre de la cuisine…. Non mais elle n’est pas trop bête la faisane???? Ou aveugle ??? Ou alors elle voulait vraiment mourir. Elle avait peut-être le cœur brisé… Fallait pas en arriver là. Il y en a à la pelle des faisans, non ?)
Bon, tout ça pour dire :
- Que je pensais ma mère intégrée en France depuis le temps mais en réalité il y a encore du boulot.
- Que je ne comprends pas (et ne comprendrai jamais) comment mes frères ont pu mentionner les mots « aigle » ou « hibou » (mon père a même dit « faucon » !!!!) et même pas une seule fois le mot « poule »
- qu’en parlant de poule, je croyais que ma mère l’était. Sa non-solidarité vis-à-vis de la « petite femelle faisane » (également appelée poule faisane, en français non baragouiné) me laisse entendre qu’il faut que j’évite de lui tourner le dos. Du temps des Incas, on sacrifiait ses enfants pour moins que ça.


dimanche 20 janvier 2013

Ex ou ne pas ex?

Alors que je sirotais tranquillement un thé après une journée harassante à faire semblant de travailler, je sens mon portable vibrer.
Mufle.
Mon ex.
Celui que j'ai quitté il y a quatre mois et dont les derniers mots qu'il a entendu sortant de ma bouche (de princesse) ont été: TROU DU CUUUUUUL.
Il m'appelle.
Et merde.

"Salut Cathy, c'est Mufle, ça va?"
"Ah heu... Mufle? Quelle surprise! Très bien et toi?" demande-je, hypocritement.
"Bien bien... Je t'appelle parce que... Je me demandais si tu avais toujours les places pour le concert de Mylène Farmer que je t'ai offert à ton anniversaire l'été dernier?"

Quelle question, évidemment que je les ai! Je n'arrive pas à les revendre sur Leboncoin! Qui aime Mylène Farmer mis part lui? Et qui offre des places de concert de Mylène à sa meuf pour dissimuler sa passion pour elle?

"Oui, je les ai toujours" réponds-je
"Ah, parce que, je voulais savoir si ça t'embêtais de me les refiler?"

QUOI???? Il est sérieux??? Il veut récupérer un cadeau qu'il m'a fait? Mais qu'est-ce que j'ai bien pu lui trouver à ce Mufle?

"Ma nouvelle copine est une fan inconditionnelle, poursuit-il. Et comme j'imagine que tu n'as pas de mec..."

BATARD!

"Sans problème, je peux te les poster?" lui réponds-je, grande princesse.
"Génial, je t'envoie mon adresse par texto. Merci Cathy. A bientôt"

C'est bon! J'ai les places, l'enveloppe et le timbre. Me reste plus qu'à trouver l'anthrax.