jeudi 17 janvier 2013

Le serrurier


 Rappelez-moi de:
- Ne plus jamais appeler ma Mama en fermant la porte d’entrée de mon appartement.
- Ne plus jamais oublier la clef dans la serrure, à l’intérieur, puisqu'occupée à tchatcher avec ma Mama.
- Ne pas sortir dîner sans se rendre compte qu’on vient de faire la bêtises susnommée puisqu’occupée à discuter avec Mama.
- Ne plus jamais appeler un serrurier au beau milieu de la nuit (car entre temps, en fille responsable et raisonnée,  j'ai rejoint mes copines-avec-qui-suis-tombée-dans-un-chaudron-de-vodka).
- Ne plus jamais voir ma porte inouvrable, démontée, taillée en pièce, car elle ne veut pas céder. A 2h du mat’. Ivre.
- Ne plus jamais fondre en larmes en donnant 300€ à un serrurier.
- Ne rien dire à Mama sur l’histoire des 300€ puisque je suis à découvert et que je pars en vacances et qu’elle va pester des "Caramba" en tapant du pied !
- Ne plus jamais parler à Mama. Après tout, c’est de sa faute !


lundi 14 janvier 2013

Célibat, célibat pas?

Ce weekend, j'ai rejoint des amis pour un weekend à la campagne.
Outre votre serviteuse et deux potes célibataires (moches!), ils avaient également invité un autre couple d'amis que je ne connaissais pas.
Un beau couple.
Je veux dire... ils sont beaux.
Il est beau.
Elle est belle.
Ils s'aiment.
Ils sont beaux.
Ils vont se marier.
Ils ont de beaux jumeaux.
Ils ont un bel appartement.
Ils sont beaux.
Je les hais!

En plus, pastèque sur le biscuit, ils sont super sympas et on passe un très bon samedi soir.
Ils nous ont fait la cuisine (en plus d'être beaux!!!) et on a mangé un excellent diné.
Evidemment très arrosé.

Je suis allée me coucher en chouinant, en me disant que l'amour, c'est que pour les autres et que c'est dégueulasse parce que je trouve que je suis une fille super et pourquoi ça n'arrive qu'aux autres et blablabla. Attrapant mon oreiller pour lui raconter mes misères, avec mon haleine d'évier de bar et en priant petit Jésus de me donner l'opportunité de leur ressembler un jour. Ouin ouin ouinnnn.

Le lendemain, comme si la magie était tombée et Mère-Gueuldeub avait révélé leurs vrais visages, on a passé la journée à écouter le (pas) beau couple, tout chiffonné, s'échanger des :
"Putain, mais tu vois pas que les enfants ont mangé assez de bonbons? T'es conne ou quoi?"
"Si tu levais ton cul pour leur faire à bouffer, ils mangeraient autre chose!"
"Avec ce que tu leur donnes comme cochonneries, c'est normal qu'ils s'engraissent. Comme toi!"
"T'es vraiment qu'un connard. Si je ne me tapais pas tout le boulot à la maison, j'aurais le temps de faire du sport."
"T'es vraiment qu'une casse-couilles, tu passes ton temps à gueuler"
"Tu ne penses qu'à picoler et à mater ton foot avec tes cons de potes. Mais tes gosses, tu t'en fous!"
"La grosse? Elle me coûte une fortune en crème anticellulite! Et c'est pas efficace, croyez-moi! Une arnaque!"
"On verra qui va laver tes slips dégueulasses, connard, quand je me serais barrée!"

Agonisante dans le canapé, à m'enchainer les citrates de betaïne (merci UPSA), je n'ai pu qu'assister à ce combat de boxe, impuissante, en me demandant où était passé l'enchantement au pays du rêve et des merveilles qu'ils m'avaient vendu la veille.
Non mais je veux dire, ILS SONT BEAUX MERDE!!!

Le coup de grâce arrive.
Il lui hurle "De toute façon, si tu mangeais moins de Big Mac, tu serais pas devenue une vache!"

Grâce à lui, depuis hier, mon célibat me pèse beaucoup moins... Comme quoi...

vendredi 11 janvier 2013

Cathy rame


Ce matin, en allant au stalag, je monte dans un métro plus bondé que la boîte de sardines, en boulotant tranquillement un pain au choc gros comme ma tête.
Quand les portes du métro se referment, je ne suis pas assez alerte pour éviter le drame.
Lesdites portes attrapent une grosse poignée de ma crinière et, fermement fermées, me maintiennent coincée, la tête penchée sur le côté. Cheveux et traits tirés.


Je fais comme si de rien n’était (n'importe quoi, tout le monde me regarde), prends mon portable et appelle Mama. La tête toujours penchée.
Je parle espagnol avec Mama. 
C'est une stratégie que j'utilise souvent quand je ne veux pas me ridiculiser.
M'écoutant blablater en espingouin, les badauds, qui me contemplent, affligés par ma stupidité (à qui ça arrive de se coincer la tête ainsi, entre les portes du métro), me prennent pour une touriste qui ne sait pas prendre le métro et qui est condamnée à voyager la tête penchée. 

Je prétends passer inaperçue (FAUX !) mais descends quand même à l'arrêt suivant pour attendre la rame suivante, tandis qu'un petit japonais me montre du doigt. 
J’ai ma fierté.

J'ai quand même l'occasion de contempler dans la vitre du métro ma coiffure des plus originales. Un côté brushé et bien lisse. Et un autre côté, qui a gentiment nettoyé les parois dégueulasses du tunnel du métro, emportant au passage crottes de pigeon, peinture de graffitis et autres crachats symptomatiques d'utilisateurs mécontents du métro
On dirait que j'ai dormi dans ma poubelle.
J'espère juste avoir réussi à ramasser un bébé rat à offrir à Cruella. 

mardi 8 janvier 2013

Formez-moi


9h05. 
J'essaie de marcher le plus vite possible en regardant ma montre.
Et en rêvant d'un Big Mac.
Neuf heures cinq, neuf heures cinq…
Cinq minutes de retard.
Cinq petites minutes de retard.
Ce n’est pas non plus l'océan à ingurgiter.
Cinq minutes c’est quoi dans une vie ?

Déjà que j’ai réussi à me lever malgré tout ce que je me suis mis dans le bec hier soir (comprenez les litres d’alcool que j’ai bu), on devrait me féliciter. Mon employeur ne sait décidément pas la chance qu’il a…
Si seulement je travaillais au Macdo, je l’aurais sûrement déjà mangé ce foutu Big Mac…
J’active le pas, mes talons claquent sur la moquette, mon fessier roule. J’espère être discrète. Ne le suis pas.
Je porte un jean gris clair ultra moulant (comprenez sur le point d’exploser), dix centimètres de talons, un chemisier noir décolleté et une petite veste cintrée.
Mes ongles sont vernis couleur magenta. Vu d’avion, c’est pas mal.
J’ai le dernier « Elle » sous le bras et je tente péniblement de me mettre du gloss.
Comme si c’était le moment.
Tout en roulant du cul, je réalise que je porte un jean là où mes collègues filles de l’abominable tour de la Défense où je travaille portent des tailleurs (pendez les !).
Je n’y ai même pas réfléchi en m’habillant.
Je réfléchis peu quand j’ai la gueuldeub (c’est à dire souvent).
Je roule mon jean moulant vers la salle de formation. 
Une dizaine de jeunes cadres, comme moi, sont déjà assis, frais et prêts à être formés.
« Bonjour, dis-je en ouvrant la porte, d'une voix désolée. Excusez-moi pour le retard. Il y avait des chiens sur la voix et le métro était paralysé. Les chiens errants sont vraiment un problème à Paris. »
Silence dans la salle. Je vais m'assoir, satisfaite de mon bobard.
Je pose son sac, mon Elle, mon gloss. Je croise les jambes. Je sens les regards sur moi. Les garçons me passent au scanner. Les filles me trouvent pouffiasse.
Je réagis enfin et me dis que ça doit paraître bizarre d'être dans une salle de formation avec des lunettes de soleil sur le nez. Je les monte discrètement sur ma tête en me disant qu’à présent tout le monde va voir que j'ai la gueule de bois.
Si on me demande pourquoi j’ai cette tête là, je vais leur dire que j'ai les yeux gonflés parce que j’ai pleuré. Je vais leur dire que j'ai pleuré parce que j’ai perdu ma grand-mère. Non, trop classique. Je vais leur dire que j’ai pleuré parce que j’ai perdu mon chat. Non plus, ça fait trop mémère. Je leur dirai que j’ai pleuré parce que j’ai rompu avec mon mec. Oui ! Très bien ! En plus, c'est vrai que j'ai pas de mec.
En plus comme ça les filles auront mal au cœur pour moi et les garçons se diront « Youpi la voix est libre ».
Mon capital sympathie va remonter et avec un peu de chance, je vais gagner un rencard. PAR-FAIT !
Pas question que je raconte qu’en réalité, j’ai cette tête là parce que j'ai vu mes copines hier soir. Qu'on est allées à un bar pour fêter la promotion de l'une d'entre elles. Qu'on a bu 9 bouteilles de rosé à 4 puis une bouteille de bon champagne qu'on a, certes finie, mais été incapables d'apprécier car on avait 14 grammes. Et qu'on a fini par des shuts de chépaquoi offerts par le patron.
Non.
Je ne peux pas dire ça.  
Ça fait bizarre pour un lundi soir. 
Je vais leur dire que j'ai pleuré parce que j'ai perdu mon mec.
Dans mes pensées, je ne vois évidemment pas le doigt accusateur du formateur, pointé sur mon « Elle » que j'ai machinalement ouvert à la page horoscope (oui, l'horoscope du « Elle », c'est le vrai. Parole de Cathy).
« Melle Brochet, vous ne prenez pas de note? »
Des notes! Mais bien sur! Ou avais-je la tête!
« Si bien sûr, mais je ne sais pas si j'ai un stylo » réponds-je en fouillant nerveusement dans mon sac. Dont jaillissent vernis à ongles, rouges à lèvres, portefeuille rose et bouteille de parfum. Et pas de stylo.
Le formateur (moche et méchant) m'en tend un en levant les yeux aux ciels.
Je m'aperçois alors que je n'ai pas de feuilles non plus. Je n'ose pas le dire au formateur moche et méchant. Je me lève. Pense être discrète. Ne le suis pas. M'approche du rétroprojecteur qui est posé sous un bloc de feuilles pendant que le formateur continue son monologue (soporifique). Je prends une pile de feuilles de ce même bloc et retourne m'assoir, fière de moi et de ma discrétion (non!).
Je lève les yeux et constate que le slide que diffusait le rétroprojecteur est à présent complètement décalé vers le bas. Des sourcils froncés sont tournés vers moi. J'agite les feuilles pour justifier mon geste mais sens bien qu'on m'a classée dans la catégorie des boulets écervelés doublés de pétasse.
Bon. Tant pis.
Tandis que le formateur moche et méchant réajuste le slide, je me dis que cette fois, je vais être sérieuse et faire comme mes voisins. Je vais écouter ce que dit le prof, prendre des notes et m'intéresser à cette formation. Une nouvelle ère arrive. La nouvelle Cathy Brochet est née. Je vais devenir une professionnelle accomplie, une femme d'affaire respectée et redoutée et brillante… Et …
« pour apprécier le dépassement des seuils requis, il convient de se placer à la date de clôture d'un exercice social et, pour les sociétés nouvellement créées, à partir de la clôture du premier exercice. Les SAS appartenant à un groupe doivent, même en l'absence de dépassement des seuils, désigner, sans délai, un commissaire aux comptes. Certaines opérations nécessitent l'établissement d'un rapport par un commissaire aux comptes pour leur validité ou par renvoi aux règles des sociétés anonymes ; les SAS concernées… »
Notre ssssseigneur !!! DONNEZ MOI UNE CORDE!!!! QU’ON ME PENDE !!! JE SUIS PRISONNIERE A CHIANT-LAND!!!!

J'observe mes voisins (et les mouches voler). Tous ont l’air sérieux et intéressés par cette abominable formation. Mais comment font-ils???
Et mon voisin, avec ses lunettes et le Monde de l'Economie sur le bureau… Non mais franchement…

Je continue à penser à mon non-Big-Mac, aux blagues de la veille avec mes copines, au serveur mignon du bar (bar qu’on a plié, au passage, tels les Huns). Je subirai la journée en échangeant des textos avec mes copines, sous les yeux réprobateurs de mon voisin binoclard. 
La formation fût d'un ennui intersidéral.
Sauf le déjeuner.
Bon ok, ça parlait boulot mais au moins, me suis rempli le ventre.

Entrée-plat-fromage-dessert.

Vin.

J'ai pris un gros plat de pâtes pour éponger la gueuldeub'. 
C’était bel et bien le meilleur moment de la journée. L'après-midi, par contre, a été la plus longue après-midi de l'histoire des après midi.
J'ai fait trois allers-retours aux toilettes pour me mettre de l'eau froide sur la figure et ne pas m'endormir. Me demande encore si dire que j'avais mes règles pour justifier mes va-et-vient vers les toilettes était une bonne idée. Mes camarades ont surement dû penser que j'avais un problème gastrique justifié par la quantité de bouffe que j'ai ingurgitée au resto le midi. 
Ça ne mange pas que des salades les pouffes normalement ???

dimanche 6 janvier 2013

Galette

Ma résolution de boire moins n'aura donc duré que 4 petits jours.
C'est tout de même mieux que l'an dernier (je n'avais même pas tenu 24h).

Pour le premier weekend de l'année 2013, je ressemble à la serpillère qui aurait servi à nettoyer le sol d'une discothèque.
Après une soirée open-bar.
Même aspect.
Même odeur.

Et je dois aller chez mère-grand.
Car aujourd'hui, c'est le jour de la galette.

Je jure de ne pas boire de champagne.
Sinon, aujourd'hui sera le jour de la grosse galette.

jeudi 3 janvier 2013

Bain de soleil

Je pars au soleil à la fin du mois. Marre de la pluie, du froid, du stalag, de La Défense, de Cruella...
Il y a quelques semaines, au lieu de bosser, je flânais nonchalamment sur un site de voyage. Je suis alors tombée dans le piège tendu par des responsables marketing d'une agence de voyage, m'invitant, à "prix imbattable", à m'envoler pour les Caraïbes.
Reine de la manipulation, j'ai réussi à faire tomber dans le même piège deux de mes copines et, depuis, ce voyage est notre seul sujet de conversation. Avec les mecs. Et l'horoscope.
Ma banquière m'a littéralement chié une bulle carrée lorsqu'elle a vu passer la transaction sur mon compte. Je lui ai répondu qu'elle devrait elle aussi s'octroyer une petite semaine au soleil, elle est beaucoup trop stressée. Je pense lui envoyer une carte postale pour l'inciter au voyage.

Comme je ne parle que de ça, le Père-Noël (Mama) a eu l'idée de génie de m'offrir un beau maillot de bain sous le sapin. 
Tout coloré. 
Tout joli. 
Taille 36.

Taille combien????

C'est attendrissant de se dire que ma Mama m'a acheté ça parce qu'elle me voit comme un mannequin ultra bien foutu.
Elle était enthousiaste lorsque j'ai essayé le maillot de bain. Et lorsque le mini-slip a réussi à englober mon imposante excroissance fessière, le résultat n'était pas si mal. 
Il me va très bien. Si je reste debout. Et si je ne marche pas. Ni ne respire.
Parce que dès que je me mets en mouvement, l'élastique de ma culotte (taille riquiqui) disparait dans ma chair. Par ailleurs, le risque que je paie ma (belle) raie lorsque je suis en mouvement est beaucoup trop élevé.


Tel l'éléphanteau-dodu, je me suis rendue au magasin de lingerie où Mama a acquis ce méchant maillot de bain dans le but de l'échanger contre une taille plus gentille.  Ou plutôt deux tailles plus gentilles.

La vendeuse (la salope!) me dit: "J'ai peur de ne pas pouvoir faire grand-chose, Mademoiselle. Ce maillot de bain est un ensemble, je ne peux pas séparer le haut et le bas. Parce qu'en général, les femmes qui ont des petits seins taillent petit en bas aussi".

mardi 1 janvier 2013

Résolutions

Arrêter de fumer.
Manger moins.
Boire (beaucoup) moins.
Trouver un mec.
Aller au club de gym trois fois par semaine.
Ne pas sortir avant le jeudi soir.
Trouver un mec.
Ne plus boire le dimanche.
Changer de boulot.
Trouver un mec.
Lire l'intégral des Rougon-Macquart.
Ne plus coucher le premier soir.
Arrêter de dormir avec un doudou.
Trouver un mec.
Perdre cinq kilos.
Utiliser moins d'eau pour préserver la planète.
Me raidir les cheveux.
Trouver un mec.
Trouver un mec.
Trouver un mec.

2013 a un arrière-goût de 2012...

Quoiqu'il arrive, je commencerai demain (à arrêter de fumer par exemple).
Parce comme tous les ans (et comme tout le monde), j'ai fêté l'arrivée de la nouvelle année dans les bulles de champagnes (par litres).
Ma première résolution immédiate est de prendre un doliprane, finir mon Big-Mac (j'allais quand même pas cuisiner un premier de l'an!) et mater une comédie romantique avec Jennifer Lopez.

Demain, je rajouterai à ma liste de m'acheter une culture cinématographique.